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mardi 18 octobre 2011

C'est l'heure de NASH

Pour la première fois de l'histoire des maîtres au Canada, l'ACVQ est heureuse d'annoncer que Michael Nash a réussi un des plus dur exploit qu'un cycliste peut accomplir.  Mike est le nouveau record man de l'heure des maîtres de 40 à 44 ans avec une distance remarquable de 46 km.

Cet exploit fut réalisé à Manchester le 18 octobre 2011 entre 22h et 23h.



L'ontarien de 44 ans de l'équipe Ride with Randall membre de l'ACVQ célèbre aujourd'hui ce grand jour !

lundi 17 octobre 2011

L’heure et la Scratch. L’impensable arrive !

Dernier jour de compétition et un gros programme pour la journée.  L’ontarien Mike Nash fera sa tentative de battre le record du monde de l’heure chez les maîtres de 40 à 44 ans.  Ensuite,  ce sera mon tour sur la piste pour ma qualification à la Scratch. J’ai promis à Mike que je serais là pour l’aider, même si j'ai un titre à défendre.  Petite nuit de sommeil avec les courses qui finissent tard à Manchester.  Je me lève à 6h le matin.

L’heure
À neuf heures pile Mike prend le départ pour une heure sur la piste. Il doit faire juste un peu moins de 181 tours de piste dans l’heure, 45,189 km.  Mike part sur un bon rythme à 46,2 km/h.  Puis après 10 minutes, ses muscles se contractent, je vois qu’il respire fort, ce sera difficile, très difficile. Je n’ai plus de voix suite à mon rhume, je cherche à l’encourager à pousser  plus fort et encore plus fort, je siffle, j’écris des messages sur de feuilles de papier. Tous les canadiens sont là pour l’encourager.  Mike va terminer l’heure avec un manque de 67m,  45,122 km/h.
Il se reprendra mardi prochain.  Un homme avec un grand courage et d’une grande dignité.  Je sais qu’il réussira cette fois, nous avons discuté des modifications à faire sur son vélo. Il va mettre un plus gros braquet et relever son guidon d’un centimètre…  Il fera au moins 45,5 km j’en suis certain.
La Scratch
La qualification peut être stressante pour certains. La moitié des coureurs des deux vagues sera coupée, pour ne garder que 24 coureurs pour  la finale. Rien de compliqué dans une scratch, le premier qui croise la ligne gagne ! Dans mon cas, je sais quoi faire. J’ai aussi l’avantage d’être surveillé.  La qualification fut une formalité.  Sans me pousser à fond, je me qualifie 2e.  Ce fut plus difficile pour Sylvan Adams qui a été disqualifié pour avoir passé par la gauche sur la côte d’azur. Malheureusement,  tous ses efforts durant la course n’ont pas donné les résultats souhaités...
Je reste au vélodrome en après-midi, j’en profite pour visiter Manchester et me reposer avant la course.  Je dors bien dans le box des canadiens au centre de la piste, en compagnie de Pascale. Elle me donne même un conseil : «Fais forcer tous les sprinteurs pour les épuiser avant l’arrivée des 40 tours de piste (10km).

Vers les 20h30 les 24 coureurs s’alignent au bas de la piste,  je pense aux mots de Pascale. Et Bang!,  le coup de fusil annonce le départ. Je prends mon relai et j’augmente le rythme à 50 km/h et tirant un tour complet. La vitesse reste soulevée pendant un ou deux tours, puis quand elle tombe je relance à nouveau.  À mon quatrième coup quand tous les coureurs lèvent le pied et remontent dans le haut de la piste, je plonge à nouveau.  Je regarde sous mon bras et je constate qu’ils m’ont laissé partir seul.  Au tour suivant, je vois un maillot rouge revenir sur moi, c’est le Danois  Claus Christiansen.  Je l’attends en me demandant pourquoi les coureurs du peloton nous ont laissés filer seuls devant eux.  Les deux meilleurs poursuiteurs libres de s’exprimer avec leurs meilleurs atouts… Sans nous regarder, sans nous parler,  Claus et moi partons pour prendre un tour sur le peloton.  Notre duo prend rapidement un demi-tour.  Le peloton tente une chasse mais nous sommes trop constants et rapides.  Le tour est pris rapidement.  Les médailles d’or et d’argent sont assurées.

Maintenant il ne reste qu’à surveiller les échappées et me placer pour finir devant Claus.  Nous avons fait le travail pour contrer les attaques. À quatre tours de la fin un Britannique lance le sprint pour Claus, ça roule vite.  Je suis à 3 vélos de Christiansen qui doit lancer le sprint à 2 tours de la fin.  Il hésite un peu et à un tour et demi de la fin, je lance le sprint, je passe Claus, je sais que je vais gagner. La cloche du dernier tour sonne, 250m à fond sans regarder derrière.  Je croise la ligne, j’ai gagné la scratch, j’ai mon troisième titre.  Ce que je pensais impossible est arrivé.


Merci Pascale pour tes conseils ! Merci Claus d’avoir partagé ton effort avec le mien.
Or           Stéphane Le Beau CAN
Argent   Claus Christiansen DEN
Bronze  Vicente Florio Jorge Zoric ARG
Demain je pars visiter l’Écosse avec Pascale.
Vive le sport et la culture !

dimanche 16 octobre 2011

La course aux points de Manchester - Suivre son instinct avant tout !

Suite aux qualifications de la course aux points, en avant midi, j’ai pris le départ de la finale avec une certaine confiance, malgré mon rhume et mon mal de gorge qui ne semblaient pas me lâcher.  Ça a fonctionné pour la poursuite alors pourquoi pas pour la course aux points.  Les coureurs d’expérience comme Wallace (USA), Figueroa (COL), Christiansen (DAN) ainsi que les sprinteurs Zoric (ARG) et Zyrianof (RUS)  seront  là et me surveilleront.  Pour moi, ça m’avantage.

Le départ est donné et déjà la course est animée par mon compatriote Sylvan Adams qui relance à chaque ralentissement profitant des occasions pour s’échapper afin de ramasser des points. De mon côté, j’observe le compte tour et je me place pour être dans une bonne position au moment  clé.  Un peu avant le sont de la cloche du premier sprint, je prends la tête du peloton avec une bonne vitesse,  j’ai confiance et je relâche un peu dans la dernière ligne droite pour voir Sean Wallace m’enfiler et prendre les 5 points.  Une erreur importante de ma part, je l’avais sous-estimé.  Je corrige la chose au second sprint.  Je me mets en bonne position et lance le sprint en poussant à fond sur 300m.  Personne ne me passe cette fois et Wallace est blanchi. J’ai 3 points d’avance.
Sylvan Adams tente à nouveau de s’échapper.  Je le laisse filer.  Personne ne souhaite organiser la chasse, tout le monde me surveille.  Il gagne le 3e sprint et je prends la 2e position.   J’ai 6 points dans ma poche. Puis ma seconde erreur, je laisse passer le 4e sprint, je ne sais pourquoi, c’est une mauvaise habitude, et je vois Wallace gagner ce sprint.
Adams relance de nouveau.  Il a pris 75m sur le peloton avec un autre coureur.  Quelques coureurs réagissent et prennent en chasse l’échappée mais à peine un tour plus tard, ils lèvent le pied.  Je me lance à  fond sur le groupe de Sylvan. Je le rejoins en un tour, Wallace est dans ma roue. Je passe devant et j’ajoute encore plus de puissance. Je donne mon relai, Wallace ne passe pas. Je plonge à nouveau, je donne mon relai et Wallace me suit, collé à ma roue. Sylvan passe, je saute dans sa roue, je prends le relai et de nouveau Wallace ne veut pas collaborer. La cloche sonne pour annoncer le 5e sprint.  Avec la fatigue, je tarde à lancer. Erreur ! Wallace a une meilleure accélération que la mienne.  Il gagne l’avant dernier sprint et je prends la 2e position.
Ma tête est embrouillée. J’ai perdu le fil des points. Je ne sais pourquoi, mais je crois avoir toujours un point d’avance sur Wallace. C’est peut-être l’image du tableau après le 4e sprint qui m’est resté en tête… Je laisse alors filer un groupe de 3 coureurs avec Sylvan. Puis encore un autre groupe de 2 et un autre 3. Personne pour me mettre en danger. À 5 tours de la fin je vois sur le tableau indicateur que je suis en retard d’un point. Je refais les mathématiques et je vois mon erreur… Est-il trop tard ? Je pense à 200 à l’heure. Le groupe de 5 coureurs à un quart de piste d’avance. L’autre groupe est entre mon peloton et celui d’Adams. Je dois faire au moins un point et finir devant Wallace pour gagner. Je dois chasser seul le groupe de tête. Wallace va me suivre c’est certain. Il aura un grand avantage sur moi dans le dernier tour. De toute façon, je n’ai rien à perdre. En moins de deux ma décision est prise. Je me lance, je donne le coup à 4 tours de la fin. Je dois avoir un synchronisme parfait et prendre la tête à 300m de la ligne puis tout donner. Je pousse d’une façon progressive. Je vois le compte tour «3». Je dépasse le petit groupe de de chasse. Le compte tour montre «2». Je sens ma vitesse qui augmente, comme si j’avais une seconde force en moi. Mon timing est parfait, à 300 m je passe le virage premier, j’entends la cloche, ma tête dans le guidon je vois à peine «1» sur le compte tour. Je donne un coup de rein dans le premier virage et j’ouvre à fond avec un seul objectif, aller plus vite. Il ne reste que le dernier virage et la ligne droite jusqu’à l’arrivée. Je pousse de toutes mes forces, mon coup de pédale est saccadé, j’ai peur de casser. Wallace ne doit pas me dépasser ! Je redouble mon effort et je croise la ligne premier. Personne ne m’a suivi. J’ai décroché Wallace et tous les autres. J’ai la bouche grande ouverte pour reprendre mon souffle après m’être dépassé, plus que jamais. Puis, j’entends Pascale me crier bravo mon amour, bravo mon champion ! Comme les mots de celle que j’aime me font du bien. J’ai gagné mon deuxième titre et surtout un grand bonheur !
J'aurais Sean Wallace et Bernado Figueroa à mes côtés sur le podium. Sylvan Adams prend le 4e rang.







mardi 2 novembre 2010

La course aux Points

Ça compte !
Je me suis senti bien tout au long de ce championnat du monde. Je me savais en excellente forme et que mes deux maillots arc-en-ciel de l’UCI feraient que je serais marqué pour la course aux points. C’est peut-être mieux ainsi. Les 23 autres coureurs allaient me suivre pour le sprint et répondre à mes attaques. Je suis prêt pour la dernière épreuve du championnat !
Je gagne le premier sprint, serré mais au moins je prends les 5 points. Je m’assure le deuxième avec un peu plus de facilité. Puis, je commence à jouer au chat et à la souris. Je vais chercher tous les coureurs qui tentent de s’échapper, la fatigue monte. Les coureurs sud Africains avec le Danois Claus Christiansen roulent à fond. Je m’offre deux deuxièmes places dans les sprints suivants. J’ai 16 points en poche. Selon mes calculs, je dois finir devant le colombien. Arcilla Jaramillo pour la gagne. Le dernier sprint est lancé à partir du 4e tour de la fin. L’écossais pousse à fond. Je saute dans sa roue et il roule à plus de 60 à l’heure, puis me laisse devant à 2 tours. Mes jambes sont gonflées, ma respiration est rapide et profonde. Je me relève un peu pour ne pas lancer le dernier assaut trop tôt. Le colombien passe devant au son de la cloche. Il accélère, je le suis. Je donne le coup de rein pour le passer. La dernière ligne droite semble trop courte pour le passer. Je pousse, je pousse et tout juste avant la ligne je passe le colombien pour m’offrir mon troisième titre du championnat.



Je prends des vacances avec ma compagne pour visiter le nord du Portugal. Porto, la vallée du Douro, Ponte-Lima, et le parc national nous attendent pour savourer pleinement cette magnifique fin de championnat.

dimanche 31 octobre 2010

La scratch - Passer devant

Pour certains, la scratch est une affaire de chance. Moi, je la vois comme une chance de faire une bonne affaire. Il faut rouler devant et prendre le bon coup et faire travailler ses adversaires. Sylvan Adams était dans la course. Il attaque et anime la course pour bien étirer le peloton. Les contre-attaques viennent et je relance à chaque occasion pour être certain que les sprinteurs n’aient plus de réserves. À 7 tours de la fin je constate que nous resterons regroupés. Je me place bien confortablement derrière les médaillés de la poursuite, Host et Christiansen, pour préparer le sprint final. À trois tours de la fin, je contourne les sprinteurs et je me positionne au troisième rang. Le sprint est lancé à deux tours. J’ai une position de rêve. La cloche sonne je me lance de toute mes force pour creuser l’écart avant le virage, je contourne les deux coureurs devant, j’ai trois mètres d’avance et je me sens puissant. Je sais que je vais gagner. Je lève les bras en croisant la ligne.

J’entends les cris de Pascale et des canadiens dans les estrades. Mon deuxième titre. Je suis sur un nuage ! Trevor Gunderson a eu une course fantastique avec les 35-39 ans. Il a doublé le peloton seul pour s’assurer la victoire. C’est ça faire sa chance !


Je ne ferai pas les sprints pour me préserver pour la course aux points. Deux jours de repos pour visiter des montagnes, des ruines romaines, des châteaux du 11e siècle, goûter au cochon de lait et le fromage de brebis.

Le Portugal est si beau et si charmant avec son histoire, son accueil et une nourriture simple mais si savoureuse.

jeudi 28 octobre 2010

Championnat du Monde Master sur Piste

Rien n’a changé.

La poursuite c’est se qualifier avant tout. Être dans le coup avant d’espérer de disputer une médaille. C’est tenter de dépasser sa meilleure performance, connaître son rythme, trouver la force et la vitesse qui sera optimale pour passer à la finale. Les deux meilleurs temps se battront pour l’or et les 3e et 4e temps pour le bronze.
J’ai traversé les 2 km en 2:20.18, 51,4 km/h de moyenne avec un départ arrêté, ma meilleure performance à vie en poursuite… Je me qualifie premier avec un coussin de 3,5 secondes sur le second. Je dois attendre la finale en fin de soirée à 22h30.
Les canadiens sont en forme. Dans la catégorie des 45-49 ans Peter Toth de l’Alberta se qualifie 3e, alors que le québécois Philippe Raymond et l’Albertain Trevor Gunderson se qualifient 2e. Sara Laliberté, de la Colombie-Britannique de son côté se classe 4e.
Ma finale pour l’or est la bonne. Mon départ est contrôlé, l’américain Host est plus rapide que moi de l’autre côté de la piste. Je ne panique pas, je sais que j’ai des réserves. À quatre tours de la fin, ma «handler» sur la piste m’indique que j’ai un retard de 15 mètres sur le médaillé d’argent de 2009. Je pèse sur l’accélérateur, j’écrase les pédales, je puise dans mes réserves pour faire la différence. Je me retrouve devant, je prends 10, 20 puis 30 mètres sur l’américain. Je me laisse aller dans le dernier tour, je sais que j’ai la victoire, mon maillot arc-en-ciel, ma médaille d’or. Pascale me lance son plus grand sourire, elle me dit au passage tu es champion du monde. Je suis heureux !
La finale de Trevor fut tout aussi palpitante. Il est devenu champion du Monde des 35-39 ans. Dire que j’étais son entraîneur quand il était dans ses premières années en vélo. Pour Philippe, il s’est battu comme un grand chevalier. Parti fort pour ébranler son adversaire, il a tenu le devant de la course jusqu’à trois tours de la fin. Un avenir prometteur compte tenu de sa première expérience.
Sara et Peter ont malheureusement perdu la médaille de bronze



Un championnat du monde fait du bien, mais il ne change rien à ce que nous sommes.


Merci à tous ceux qui nous supportent de près et de loin !